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samedi 22 décembre 2018

Curriculum et programme


Titre : Curriculum et programme.

Préambule
Nous commençons d’abord par situer le contenu de notre intervention dans les champs d’investigation de la didactique. Robert Galisson et Daniel Coste (Dictionnaire de Didactiques des Langues, 1976) arrêtent quatre niveaux dans ces champs qu’ils classent du supérieur à l’inférieur : au sommet, les théories scientifiques de référence ; à un étage au-dessous, les méthodologies et les conceptions méthodologiques ; ensuite les curricula, les programmes, les méthodes et la conception des outils didactiques tels que les manuels, les batteries d’exercices de langue, etc. et enfin au bas de l’échelle se trouvent les pratiques de la classe, les techniques, les procédés, les stratégies d’enseignement / apprentissage, etc.

1- Présentation des documents officiels de référence :
Les textes officiels qui régissent le système éducatif algérien sont les suivants :
1.1- La loi du 23 janvier 2008, portant loi d’orientation sur l’éducation nationale qui détermine entre autres :
- Les finalités de l’éducation nationale (conformément aux valeurs nationales et universelles)
- Les missions de l’école (instruction, socialisation et qualification)
- Les principes fondamentaux de l’éducation
- La communauté éducative
- L’organisation de la scolarité
1.2- Le Référentiel Général des programmes de juillet 2008 qui explicite entre autres :
- Les choix méthodologiques tels que : l’approche par compétences, la pédagogie du projet, la pédagogie de l’intégration, l’évaluation des compétences
- Les paradigmes adoptés : l’optique constructiviste, l’optique socioconstructiviste
- Les compétences disciplinaires et les compétences transversales à installer
1.3- Le Guide Méthodologique d’élaboration des Programmes, juin 2009.
1.4- Les programmes de français des différents niveaux et cycles.
1.5- Les documents d’accompagnement qui explicitent les programmes par niveau et par cycle.

2- Définitions :
2.1- Curriculum :
Le curriculum définit « l’ensemble du parcours d’apprentissage prévu pour l’élève ». Il est beaucoup plus large que le programme. Le curriculum comporte :
- Les finalités de l’enseignement
- Les compétences à installer
- Les rythmes scolaires et les horaires
- Le programme scolaire
- Les méthodes d’enseignement
- Le dispositif d’évaluation
2.2- Programme scolaire :
Le programme ne constitue qu’un élément du curriculum. Il présente :
- Les buts d’enseignement de la discipline (dans tel niveau)
- Le profil d’entrée et le profil de sortie à l’issue de tel enseignement (dans tel niveau)
- Les compétences, les objectifs d’apprentissage et les activités de la discipline (dans tel niveau)
- Les contenus de la discipline (thèmes, modèles discursifs, supports textuels, points de langue, …) dans tel niveau.
- Le dispositif d’évaluation des compétences.








Conception d’une épreuve de français

Titre : Conception d’une épreuve de français.
Référence : Guide d’élaboration d’une épreuve de français 

I- STRUCTURE DE L’EPREUVE :
L’épreuve de français consiste en l’étude d’un texte en relation avec le programme.
Elle comprend 02 parties :
1- Compréhension du texte :
Des questions testant les capacités de compréhension linguistique et sémantique.
2- Production écrite :
Au choix :
- une production libre ou semi guidée : développer une idée, exposer un point de vue, retraiter un aspect de la problématique du texte.
- une technique d’expression : un compte rendu objectif, critique ou une synthèse (un résumé).

II- LES OUTILS DE L’EPREUVE :
A – Le texte support :
1- Le choix du texte :
Le texte sera à dominante expositive, argumentative ou narrative respectant ainsi les pratiques discursives et les intentions communicatives énoncées dans les programmes officiels :
- Exposer des faits
- Argumenter
- Dialoguer
- Raconter
Les contenus thématiques en relation avec les thèmes inscrits dans le programme :
- L’homme contemporain
- Les défis du 3ème millénaire
- La mondialisation des échanges
- La solidarité
- La justice
- Les droits de l’homme
- Les ONG
- Réflexions sur les arts : théâtre, cinéma, musique peinture.

2- Les caractéristiques du texte :
a)- Le corpus d’étude doit être un texte long (300 à 400 mots) ou d’un groupement de 2 ou 3 textes courts (150 à 200 mots), en relation avec les objets d’étude et les thèmes retenus dans les programmes officiels.
b)- Le texte doit former un tout relativement clos et respecter les règles de la cohérence textuelle. Il faudra donc veiller à ce que les éventuelles coupures (qui doivent être clairement indiquées) ne nuisent pas à la cohérence d’ensemble.
c)- Quel que soit le document d’où il est extrait, les références complètes aux normes internationales de ce document doivent être mentionnées au bas du texte (auteur, titre, date de parution, maison d’édition, etc.)
d)- Les textes seront tirés d’ouvrages ou d’articles journalistiques ne s’adressant pas à un public spécialisé. Leur thématique aura trait aux grands faits d’actualité, aux faits sociaux majeurs de notre époque ou aux grands problèmes qui se posent à l’humanité.

B- Le questionnaire :
1- La compréhension de l’écrit :
L’objectif des questions de compréhension étant d’évaluer les capacités de compréhension d’un texte écrit, le choix et la formulation de ces questions devront éviter de poser des problèmes d’expression à l’élève. L’élève doit être évalué sur ce qu’il a effectivement compris et non sur la manière dont il l’a exprimé.
Les questions doivent « balayer » le texte et porter sur les éléments les plus significatifs, c’est-à dire ceux qui favorisent la construction du sens. On proposera donc des activités d’identification (établissement de champs, de séries), de classement (à partir de grilles ou de rubriques proposées), de mise en relation (appariement d’éléments épars dans le texte).
La vérification de la compréhension de certains éléments clefs (structure, expression, mot) se fera par l’utilisation de questions à choix multiples ou de questions semi-ouvertes.
Enfin, il est prévu de tester les différentes capacités : la connaissance, la compréhension, l’analyse, la synthèse et le jugement (évaluation).

Quelques exemples de verbes opératoires :
a)- La connaissance / La compréhension :
Repérer, Identifier, Reconnaître, Sélectionner un ou des éléments d’information déjà contenus dans le texte écrit.
b)- L’analyse : Inférer, Déduire, Prédire, Interpréter ou Extrapoler les informations contenues explicitement en fonction d’un contexte
c)- La synthèse :
Regrouper, Réorganiser, Reconstituer, Classifier ou Associer diverses informations contenues explicitement dans le texte.
d)- Le jugement :
Comparer, Distinguer des informations en vue de Relever des ressemblances et des différences contenues dans le texte.
Quelques exemples de consignes comme illustrations :
- Relever des informations dans un texte.
- Identifier des personnages en fonction d’indices relevés dans le texte.
- Caractériser un personnage à partir d’indices.
- Identifier un champ lexical.
- Identifier une figure de style (métaphore, comparaison…).
- Identifier des arguments ou des exemples dans un texte.
- Expliquer une expression (associer un mot à sa définition).
- Mettre en relation des éléments du texte (cause à effet, opposition…).
- Trouver un plan ou un titre au texte.
- Identifier un point de vue dans un texte.
- Compléter un tableau ou un texte lacunaire.
- Identifier des éléments du système d’énonciation dans un texte.

Observation : On ne doit pas perdre de vue que les questions de compréhension doivent porter sur les éléments-clefs du texte afin de préparer l’élève à la production écrite.
2- La production écrite :
La production écrite évalue le degré de maîtrise de l’objectif terminal d’intégration (OTI) : aptitude à rendre compte, à synthétiser l’information, à développer des idées, un point de vue, etc. dans une langue correcte, de manière personnelle, cohérente et pertinente.
L’élève a le choix entre deux sujets:
- Une technique d’expression (compte rendu objectif ou critique, synthèse de documents).
- Une production libre ou semi-libre qui sera liée au texte support.
Exemples de production semi-libre :
- compléter un dialogue,
- défendre une position différente de celle de l’auteur en s’appuyant sur les éléments donnés dans la consigne,
- transposer du discours direct au discours indirect ou inversement,
- imaginer une situation initiale ou finale à une série d’événements,
- proposer une série d’éléments et demander de les utiliser pour en faire un récit, un texte argumentatif, descriptif, etc.

Remarques :
- Le compte rendu et la synthèse de textes doivent reprendre l’information essentielle du (ou des) texte (s) en respectant la forme canonique de la technique d’expression choisie.
- Le sujet de la production écrite libre est un sujet de réflexion et/ou d’imagination qui est rédigé sous forme de situation d’intégration.
- Tenir compte de la communicabilité du texte produit par le candidat quelle que soit sa maîtrise du code linguistique.