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jeudi 27 décembre 2018

Qu’est – ce qu’un manuel scolaire ?


Qu’est – ce qu’un manuel scolaire ?
I – DEFINITIONS :
1- Un manuel scolaire ou un ensemble pédagogique (livre de lecture + CD/ROM ou DVD et cahier des activités) n’est qu’un outil mis à la disposition des apprenants et de l’enseignant pour les aider à (faire) acquérir la langue étrangère.
2- C’est un référent pour l’enseignant et ses élèves.
1- Ce n’est pas un programme officiel qu’il faut respecter à la lettre sachant bien le manuel scolaire devrait respecter les choix méthodologiques du programme.
2- Ce n’est pas une progression qu’il faut suivre linéairement. Les livres de lecture doivent être exploités à la carte en fonction des besoins langagiers des apprenants.
3- Ce n’est pas une méthode (un assemblage abstrait d’hypothèses et de procédures) : Différentes étapes à suivre. Sachant bien sûr que l’élaboration d’un manuel scolaire est toujours sous – tendue par une méthode.

II- FONCTIONS DU MANUEL 
Un manuel scolaire en tant que support d’enseignement / apprentissage remplit différentes fonctions auprès de ses utilisateurs.
1- Fonction pédagogique : (la plus évidente).
Le livre de lecture est conçu pour l’apprentissage de la langue française : maîtrise des mécanismes de la lecture, présentation des structures lexicales, syntaxiques et morphologiques (conjugaison, orthographe), des effets de style, des modèles discursifs (actes de parole et types de textes),…
2- Fonction scientifique :
Le livre de lecture transmet un certain nombre de connaissances scientifiques et techniques aux usagers.
3- Fonction civilisationnelle : ou socio – culturelle.
Il permet à l’élève de connaître d’autres horizons : c’est une ouverture sur d’autres cultures et civilisations.
4- Fonction idéologique : (la moins évidente)
Le livre de lecture véhicule la philosophie de l’institution. Il présente des types d’identification porteurs de valeurs. Ces types sont proposés à l’imitation (image de la société, type de comportement, type de pensée, …)






La compréhension de l’orale


La compréhension de l’orale
1-1 Qu’est ce que comprendre ?
Le terme « compréhension » est un nom féminin dérive du latin « compréhensio» et qui signifie la faculté de percevoir, de reconnaitre et d’interpréter un message émis au moyen d’un code conventionnel de communication. »
Donc le terme comprendre désigne non seulement une simple activité de réception d’un message qu’il faut décoder, mais essentiellement, la reconnaissance de la signification d’un discours et l’identification de fonction communicative.
Selon un point de vue pédagogique, le dictionnaire actuel de l’éducation définit la compréhension comme « un exercice ou l’on propose à l’élève de lire ou d’écouter un texte plus au moins long et on lui demande ensuite de répondre à une série de questions visant à vérifier sa compréhension du message, compte tenu du discours retenu et les objectifs dont on veut mesurer l’atteinte. »

1-2 Qu’est ce que la compréhension de l’orale ?
Le dictionnaire de didactique des langues définit la compréhension de l’orale comme une « opération mentale, résultat du décodage d’un message qui permet(…) à un auditeur de saisir la signification que recouvrent des signifiants sonore. »
Par ailleurs, la compréhension de l’orale désigne la capacité d’un auditeur de comprendre un message oral émis par son interlocuteur dans une situation de communication, cette compétence est présentée comme une étape fondamentale de la communication et dans l’acquisition d’une langue étrangère, elle est aussi un objectif d’apprentissage qui précède, souvent, la prise de parole. On apprend une langue ainsi qu’un discours dans une situation et non à partir des listes des phrases et des mots, par exemple ; si le but est centré sur une demande, l’apprenant doit être capable de reformuler sa demande convenablement à la situation.
L’auditeur doit avoir des connaissances « linguistique, culturelles, sémantique » pour qu’il ait cette compétence de compréhension, comme il doit être capable de repérer des sons, des mots, des intonations, etc.…, ce sont des éléments qui vont l’aider à reconstruire un sens.
L’HOTE affirme que « apprendre une langue nouvelle, c’est apprendre à parler dans une langue différente de la sienne, mais c’est également apprendre à écouter et à comprendre dans cette nouvelle langue, donc, afin de saisir le sens d’un message oral, l’enfant doit changer complètement son comportement d’écoute car « écouter dans une langue c’est écouter selon un certain rythme », on parle dans ce cas sur l’influence de la langue maternelle sur le comportement de l’apprenant.
En concluant, nous pouvons dire que la maitrise de cette compétence de compréhension nécessite des paramètres relevant de la situation de communication.




Les Stratégies d’écoute en FLE



L'écoute stratégique en langue étrangère
Mettre en oeuvre des stratégies d’écoute (démarches adoptées pour optimiser son écoute et construire du sens) et en proposer une palette
suffisamment diversifiée :
- écoute analytique (écouter un passage court) : des détails à la globalité et à la synthèse pour retrouver par exemple le mot qui dit le sentiment etc.
- écoute synthétique ( écouter un document sonore en entier) : s'interroger sur la totalité pour résumer, donner un titre, qualifier l'énoncé...
- Écoute sélective : repérer des sons, des intonations, des mots, des structures…
- écoute critique : distinguer le vrai du faux, le réel de l'imaginaire, le possible et l'impossible , repérer un intrus...
- écoute perceptive portant sur le signifiant les sons, le ton, l'accent, le rythme , les silences et leurs sens possibles...
- écoute créatrice : utiliser les éléments entendus pour imaginer un avant ou un après en cohérence avec ce qu'on a entendu

mardi 25 décembre 2018

Les traits de l’oralité


Les traits de l’oralité :
• Les traits prosodiques (pauses, accents d’instance, modification de la courbe intonative, …) ;
• Le problème de la segmentation en unités et plus particulièrement de l’inadéquation du découpage en « phrases » ;
• Les emplois de parties du discours et de constructions grammaticales, également utilisées à l’écrit, mais qui du fait de leur fréquence d’emploi à l’oral y acquièrent une importance et/ou une fonction particulière ;
• Des caractères propres à la plupart des échanges oraux (par exemple, l’utilisation des mots du discours : ben, hein, quoi, …) ;
• Des singularités qui tiennent à la linéarité de la parole : hésitations, ruptures de constructions, constructions inachevées, reprises, faits d’organisation syntaxique déviant par rapport à la norme grammaticale.

    L’oral ne permet pas de retour en arrière : ni à l’émission (destinateur), ni pour la réception (destinataire). Le destinateur produit des ratés, des ruptures de construction, des lapsus, des hésitations qui à l’écrit pourraient être éliminés, gommés, raturés. L’écrit autorise de reprendre un énoncé mal compris, le relire, s’y arrêter. Si le destinateur tient compte, dans la production de son message oral, de ces conditions de réception, il serait amené à des redondances, à des paraphrases, 
d’autant plus que les marques ne sont toujours pas aussi nombreuses à l’oral qu’à l’écrit. L’extraction, la phrase segmentée sont fréquentes dans les discours oraux.
En revanche, l’oral dispose souvent de moyens linguistiques, paralinguistiques, extralinguistiques inconnus à l’écrit : l’intonation, les mimiques, les gestes, la situation d’énonciation dans son ensemble peuvent véhiculer des éléments du message qui à l’écrit ont besoin de mots pour « passer ». 
       L’oral apparaît ainsi comme potentiellement plus allusif, plus économique que l’écrit ; cette seconde série de constatations complétant et nuançant la première sans la contredire.





Pourquoi enseigner l’oral ?


- Le système oral :
1/ Pourquoi enseigner l’oral ? : 

Est-ce simplement pour développer la maîtrise de l’oral ? Est-ce que la communication seule spontanée, sans finalité d’apprentissage suffit ?
Les apprenants n’ont guère l’occasion de développer les capacités nécessaires à la maîtrise des formes de communication de la prise de parole en public comme l’exposé oral, le débat, l’interview, l’entretien, etc. Sans enseignement, il est difficile pour la majorité des apprenants de transférer leurs pratiques orales au quotidien, en prenant en considération les contraintes et les particularités des situations formelles de communication. Ces formes de communication orale constituent un moyen fondamental dans la construction des savoirs, fournissent la possibilité de poursuivre des études après l’enseignement obligatoire. Autrement dit, le passage par une socialisation de la prise de parole en public semble la seule possibilité d’accès à des formes valorisées de communication sur le marché linguistique pour un nombre important d’apprenants.

Quel est l’objectif de l’école ?


Quel est l’objectif de l’école ? 
L’objectif de l’école est de socialiser les enfants dont elle a la charge. Ce qui signifie que tout apprenant doit, dans son cursus scolaire, avoir rencontré, compris, vu, lu, produit tous les actes par lesquels une société exprime ses besoins. Elle les exprime par deux grands moyens : l’oral et l’écrit grâce auxquels elle tente de lier tous ses membres.
Ces deux modes de communication doivent faire l’objet d’une attention soutenue et d’un apprentissage systématique. De ce fait, l’oral est un moyen de communication aussi essentiel que l’écrit de notre époque. Pour mettre en place un enseignement de l’oral présentant le maximum de garantie et de qualité, un travail empirique ne suffit pas même s’il va de soi qu’il faut beaucoup pratiquer l’oral pour le maîtriser. L’imprégnation et l’action ne peuvent pas être les seules réponses à toutes les questions qui se posent, il faut faire un détour par différentes théories pour fonder une pratique de l’oral.
L’oral n’est pas l’oralisation qui n’est que la phonation de l’écrit. L’oral n’est pas aussi un assemblage compartimenté d’exercices hétéroclites (diction, prononciation, rythme, syntaxe, morphologie, mélodie, structure textuelle, lexique, …)
Tous ces éléments participent, bien sûr, à la construction harmonieuse du type d’oral à utiliser dans un contexte donné. Mais il ne sert pas à grand-chose de travailler l’articulation pour l’articulation, le lexique pour le lexique, … Il s’agit plutôt de s’interroger sur le fait de savoir quelle prononciation, quel lexique, …sont utiles pour tel type d’oral dans telle situation.
Certains méthodologues établissent une différenciation entre oral, oralisé et parlé. 
- L’oral serait un type de discours sans échange réel (conférence, commentaire radiophonique, …)
- L’oralisé serait un discours écrit, lu à haute voix. 
- Le parlé correspond à une communication entre deux interlocuteur. 
Quelque soit la pertinence pratique de cette distinction, elle répond à un souci dene pas tout ramener à l’opposition globale et brutale entre oral et écrit.
L’enseignement de l’oral ne saurait être normatif, l’enseignant doit donc tenir compte des contextes avant de dire à ses apprenants si l’expression utilisée est correcte ou non. L’enseignement de l’oral doit donc être descriptif. Dans cet enseignement, l’enseignant a plusieurs rôles à tenir, par exemple, celui de médiateur, le facilitateur d’analyse, etc.










Qu’est – ce qu’un manuel scolaire ?


Qu’est – ce qu’un manuel scolaire ?
I – DEFINITIONS : 

1- Un manuel scolaire ou un ensemble pédagogique (livre de lecture + CD/ROM ou DVD et 
cahier des activités) n’est qu’un outil mis à la disposition des apprenants et de l’enseignant pour les aider à (faire) acquérir la langue étrangère.

2- C’est un référent pour l’enseignant et ses élèves.
1- Ce n’est pas un programme officiel qu’il faut respecter à la lettre sachant bien le manuel scolaire 
devrait respecter les choix méthodologiques du programme.
2- Ce n’est pas une progression qu’il faut suivre linéairement. Les livres de lecture doivent être 
exploités à la carte en fonction des besoins langagiers des apprenants.
3- Ce n’est pas une méthode (un assemblage abstrait d’hypothèses et de procédures) : Différentes 
étapes à suivre. Sachant bien sûr que l’élaboration d’un manuel scolaire est toujours sous –
tendue par une méthode.

II- FONCTIONS

DU MANUEL :
Un manuel scolaire en tant que support d’enseignement / apprentissage remplit différentes fonctions 
auprès de ses utilisateurs.
1- Fonction pédagogique : (la plus évidente).

Le livre de lecture est conçu pour l’apprentissage de la langue française : maîtrise des mécanismes 
de la lecture, présentation des structures lexicales, syntaxiques et morphologiques (conjugaison, orthographe), 
des effets de style, des modèles discursifs (actes de parole et types de textes),…
2- Fonction scientifique :

Le livre de lecture transmet un certain nombre de connaissances scientifiques et techniques aux 
usagers.
3- Fonction civilisationnelle : ou socio – culturelle.

Il permet à l’élève de connaître d’autres horizons : c’est une ouverture sur d’autres cultures et 
civilisations.
4- Fonction idéologique : (la moins évidente)

Le livre de lecture véhicule la philosophie de l’institution. Il présente des types d’identification 
porteurs de valeurs. Ces types sont proposés à l’imitation (image de la société, type de comportement, type de 
pensée, …)



apprentissage de la langue française entre quantité et qualité


apprentissage de la langue française entre quantité et qualité 

De l’approche par les contenus (ou enseignement notionnel et normatif) à l’approche par les compétences, la conception de l’enseignement du français, en Algérie, a évolué considérablement en tenant compte non seulement du changement de statut de la langue cible (de langue première puis seconde à étrangère), des attentes de l’institution mais aussi des besoins des 
apprenants.
Le système éducatif algérien a engagé sa nouvelle réforme (1° mouture), en Septembre 2003, en adoptant certains choix méthodologiques tels que l’approche par compétences, la pédagogie du projet, la pédagogie de la découverte, la pédagogie de l’intégration, l’évaluation formative des compétences, etc. Ces choix ont été reconduits par les curriculums 2° génération
(Septembre 2016). 
L’entrée des programmes par les compétences (terminales, globales, disciplinaires, transversales) vise entre autres « Vaut mieux une tête bien faite qu’une tête bien pleine » (Montaigne). Autrement dit, en plus de la transmission de certains savoirs￾ressources, on veille surtout à l’installation et au développement des savoir-faire, savoir-être et savoir-agir dans les quatre domaines : Oral / réception (compréhension orale), Oral / production (expression orale), Ecrit / réception (compréhension de l’écrit) et Ecrit / production (expression écrite). De ce souci qualitatif et face à des apprenants de 1° année de français, quelques questions se posent : En début d'année scolaire, un volume horaire de 20mn ou 25mn par activité de langue est-il suffisant pour réaliser un enseignement / apprentissage de qualité à des apprenants non natifs et se trouvant dans la majorité des cas dans des classes pléthoriques ? Chacun de ces apprenants débutants peut-il bénéficier d’un temps de parole conséquent ?
La nouvelle organisation des enseignements préconisés par les programmes fait appel à la pédagogie du projet. Le projet est «un cadre intégrateur dans lequel les apprentissages prennent tout leur sens » (MEN) et « il se donne pour objectif l’élaboration d’une production matérielle orale ou/et écrite » (MEN). Le programme annuel se démultiplie en 03 ou 04 projets (ou unités d’enseignement) ayant chacun 02 ou 03 séquences regroupant des activités d’oral, de lecture, des apprentissages linguistiques, d’écriture et d’évaluation. 
Dans le cadre de la pédagogie du projet, le nombre et la durée des activités par séquence et par projet ne sont pas immuables. Ils diffèrent, au cours de l’année scolaire, d'une séquence à une autre et d’un projet à un autre en fonction « des objectifs à atteindre, du niveau des élèves, de l’effectif de la classe », etc. (C’est un système « accordéon » : prolongement et réduction des tâches en fonction des besoins des apprenants).

lundi 24 décembre 2018

SCÉNARIO D’APPRENTISSAGE (Activité de poésie)

Démarche pédagogique.
Il est nécessaire de dégager une stratégie à suivre pour la réalisation de l’activité de poésie.
                   
1-Le choix du poème
Un texte étant bien choisi, c'est-à-dire d’une  beauté  indiscutable   ,sans difficultés de sens ou de langue est capable de toucher la sensibilité de  l’enfant ,il s’agit d’en assurer la mémorisation intelligente et impeccable ,et ce sera l’objectif de la récitation.
Allons-nous faire de cette activité un simple exercice de mémorisation?
Sans doute la mémorisation doit être préparée, et cette préparation constitue une étape nécessaire, importante et délicate.
Une fidélité trop aveugle à la règle qui veut qu’on fasse comprendre avant d’apprendre incline à transformer l’activité de poésie en explication du texte. C’est une erreur. C’est d’abord une perte de temps puisque l’élève ne peut tout comprendre.il est vrai que les explications tuent souvent la poésie.
Il importe moins de faire comprendre que de faire sentir ,et tout dans la stratégie d’aborder le poème et de le faire aborder l’apprenant ,en sollicitant moins l’intelligence que la sensibilité. Un climat  préparatoire est donc nécessaire où se reconnait l’art de l’enseignant à déclamer le texte. Souvent une lecture expressive y peut suffire et d’autre moyens audio-visuels.
2- Phase de  mémorisation. 
Pratiquement ,il consiste à lire le texte  et justifier les déclamations, celles de l’enseignant, celles d’un artiste(vidéo) et c’est dans cette mise au point progressive des déclamations ,en lisant et en relisant le texte à haute voix ,en associant à cette lecture l’apprentissage visuel du texte écrit au tableau ,que le poème va être mémorisé intelligemment.
Stratégie à entreprendre.
Elle consiste à  effacer successivement  une partie du texte  , celle-ci doit être retrouvée intégralement par l’apprenant à chaque lecture ,jusqu’à ce que tout  le texte soit effacé. A ce moment, le texte est mémorisé. Et il est nécessaire qu’il soit ainsi bien su et bien lu avant d’être révisé à la maison.
3-Phase d’appropriation.
Le poème peut être recopié sur un cahier spécial .Une calligraphie parfaite est un exercice propre à favoriser la mémorisation. Une illustration peut accompagnée cette copie à condition d’avoir un lieu avec le poème.
4-Phase d’évaluation.
Enfin, tout ce travail serait d’aucune utilité ;si l’on n’organiserait des concours de récitations pour évaluer les apprenants.

Les méthodes de lecture (syllabique, globale, mixte)

Les méthodes de lecture

Il existe plusieurs méthodes de lecture. Certaines privilégient le déchiffrage des lettres, d’autres le sens. Mais chacune présente des avantages et des inconvénients.
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Voici une succincte présentation des trois principales approches de l’apprentissage de la lecture:
la méthode syllabique
la méthode globale
la méthode mixte (dite aussi semi-globale)
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La méthode syllabique
Principe : l’enfant déchiffre tout d’abord les lettres (a, e, i, o, u, b qu’il prononcera “be…”, c qu’il prononcera “ke…”, etc.). Il apprend ensuite  les combinaisons de lettres liées à des sons : ou, an, oi, etc.
Cette démarche l’amène petit à petit à reconnaître les syllabes puis les mots avec lesquels il compose des phrases. On la décrit souvent comme la méthode du « b-a, ba ».
Avantages : Elle a été à l’honneur pendant des siècles. En effet, elle était déjà employée en Grèce ancienne déjà et permit d’apprendre à lire à des générations d’enfants. C’est une méthode qui repose sur la logique.
Inconvénients : C’est une méthode fastidieuse et difficile pour des petits qui veulent vite savoir lire. La compréhension passe au second plan. Du coup, certains enfants déchiffrent parfaitement  mais ne comprennent pas ce qu’ils lisent.
Par ailleurs, cette “combinatoire” est sujette à de nombreuses exceptions : ainsi la lettre C se prononce “ke” dans “cage” mais elle se prononce “se” dans “cerf” ou “cigale”.
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La méthode globale
Principe : l’enfant apprend à lire en visualisant le mot dans son ensemble, c’est-à-dire “globalement”. Les méthodes globales partent du principe que l’élève perçoit mieux des ensembles organisés et signifiants (mots ou phrases) que des éléments sans signification (lettres ou syllabes).
Avantages : l’enfant photographie les mots, ce qui favorise le développement de sa mémoire visuelle et de son attention. De plus, la composition d’un grand nombre de mots n’obéit pas à des règles strictes. Il est donc préférable de les retenir par cœur au tout début. Très vite l’enfant est capable de lire des mots entiers. C’est une méthode incitative qui donne le goût de la lecture.
Inconvénients : Cette méthode relègue au second plan l’apprentissage du code et ne permet pas à l’enfant de comprendre comment il fonctionne. Elle nécessite un effort de mémorisation trop intense et certains enfants saturent.
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Les méthodes mixtes, un compromis entre les deux
Principe : l’enfant commence par apprendre un petit nombre de mots issus de la mémorisation de courts textes. Il va ainsi appréhender le sens avant de déchiffrer les lettres. Cette première approche « globale » sert de point d’appui  au décodage “syllabique”. Celui-ci est effectué dans un deuxième temps, mais assez tôt quand même dans l’année scolaire.
Avantages : l’enfant travaille à la fois la reconnaissance des mots, du code et de l’écriture. On approfondit au CP ce qui a été appris “globalement” en maternelle, puis on apprend à combiner les syllabes. On alterne donc les méthodes globales et syllabiques.
Inconvénients : le travail de mémorisation demande beaucoup d’efforts au détriment de l’assimilation du code. Une fois les mots appris, l’enfant peut être tenté de deviner trop vite les mots qu’il lit sans savoir les déchiffrer.


dimanche 23 décembre 2018

Quelques procédés en lecture - FLE


Quelques procédés en lecture
La lecture est un projet : on aborde de différentes manières (procédés) un texte en fonction de l’objectif de lecture qu’on s’est fixé (ce qu’on veut chercher).

1- La lecture sensuelle : Elle est lente et vocalisée (avec une certaine expressivité ou musicalité). Elle est exercée le plus souvent sur la poésie.
2- La lecture mentale : c’est une lecture intégrale, c’est la pénétration de la pensée de l’auteur, c’est une lecture analyse / investigation, une reconstruction du sens. Elle fait appel à la réflexion.
3- La lecture exploratoire : c’est une lecture sélective en vue de chercher un mot, une expression ou une information, c’est un écrémage. L’oeil est libre, il survole le texte.
4- La lecture linéaire : c’est le fait d’avancer mot à mot, ligne à ligne, page à page, etc. Cette lecture se pratique le plus souvent sur les ouvrages littéraires (roman, nouvelle, essai, pièce de théâtre, etc.)
5- La lecture d’assimilation : c’est une lecture qui sert à l’apprentissage des connaissances, à retenir certaines informations, elle nécessite des allers et des retours nécessaires à l’assimilation.
6- La lecture créative : Le texte sert de point de départ pour la création, l’évasion, etc.
N.B : Pour d’amples informations, consulter « Situations d’écrit », Sophie MOIRAND (1979)

samedi 22 décembre 2018

La communication et le langage - FLE


1.    QU’EST-CE QUE LA COMMUNICATION ET LE LANGAGE?

Populairement, le mot langage est associé à «parler». En réalité, le langage est notre capacité de communication et donc
-        Pourquoi on parle ?
-        Comment on parle ?
-        Comment on comprend ?
Voici donc un résumé graphique afin de bien vous illustrer ce qu’est le langage.

Langage

Expression     Compréhension     Utilisation
 (comment on parle) (comment on comprend)              (pourquoi on parle)
·       sons   • questions • précurseurs à la communication
 (prononce-t-il bien?) • vocabulaire                           (un rôle, un objet)
·       morphologie• phrases • intentions  de communication
(marque -t-il le genre, • concepts (exprime ses goûts, besoin,
lenombre,                 • consignesdemande des objets, des actions,
letemps, refuse, raconte, explique …)
·       syntaxe• habiletés de conversation
(inverse-t-il ou   (tour de parole, respect du sujet...)
omet-il des mots?)

Comme vous le voyez, le langage c’est bien plus que parler.
On remarque rapidement quand quelqu’un ne parle pas bien ou qu’on ne le comprend pas et on s’inquiète vite.
Par contre, lorsque votre enfant ne comprend pas, on croit souvent qu’il le fait exprès ou bien qu’il n’écoute pas, alors que les troubles de la compréhension sont fréquents.
On trouve souvent des parents angoissés, pour  leurs enfants à risque qui présentent un retard/trouble de langage.
Pour cela, on doit être attentif non seulement à comment nosenfants parlent, mais aussi comment ils comprennent et communiquent.

Devenir Professeur de Français FLE


Premiers contacts d’un élève-instituteur francophone avec ses élèves et avec son métier.
L’histoire s’était passée lors de la première décennie du recouvrement de l’indépendance de l’Algérie dans une école d’un des Ksars ensablés et déshérités de la région de Timimoun, située dans le Grand Erg occidental (à 1278 km au Sud-Ouest d’Alger). C’était une oasis enclavée entre des dunes de sable, sans route ni électricité, ni téléphone et … sans aucune trace du pain blanc du boulanger. Ce coin perdu ne connaissait que deux saisons : un bref hiver rigoureux et un été torride, interminable accompagné de siroccos et de tempêtes de vents de sable.
C’était une très belle matinée du mois de septembre. Les rayons du soleil pénétraient déjà par la fenêtre grande ouverte de la chambre mais le jeune instituteur n’arrivait pas encore à se dégager de son matelas posé à même le sol. Il se sentait meurtri physiquement et moralement. Le réveil fut pénible parce que le jeune homme avait passé une nuit cauchemardesque. Bien qu’il fût à son 18° printemps, c’était la première fois qu’il quittait le foyer familial et qu’il se trouvait à des centaines de kilomètres de ses petits frères et soeurs dont il avait la charge. Il était venu la veille trimballant ses bagages, une valise, de la literie et des cartons pleins à craquer, après avoir effectué plusieurs périples et emprunté divers moyens de locomotion. Le trajet était terrible, d’abord, en autocar de la SOTAC sur une chaussée semi-bitumée, ensuite, en camionnette du type Peugeot 404 bâchée sur une piste poussiéreuse et pleine d’ondulations et de nids-de-poule et, enfin, à dos d’âne pour traverser un océan de dunes de sable.
Il avait atterri, tant bien que mal, dans ce ksar désolé après avoir posé mille et une questions à tout-venant pour trouver sa destination. Avant d’atterrir sur cette oasis enclavée, il avait transité par le chef-lieu de la commune où il avait signé son procès-verbal d’installation et récupéré son emploi du temps et les listes des élèves qui lui étaient confiés. Il se voyait chargé d’une classe unique. A l’époque, c’était un phénomène récurrent. Dans les écoles rurales de l’Algérie dite profonde, lorsque les effectifs des élèves étaient assez réduits, on groupait tous les scolarisés dans une seule classe dite classe unique ou classe rurale à deux ou plusieurs niveaux. C’était ainsi que les élèves du cours préparatoire (CP1 et CP2), du cours élémentaire (CE1 et CE2) et du cours moyen (CM1 et CM2) se trouvaient dans un même local et suivaient un même emploi du temps mais avec des programmes et des matières différents. Dans ces conditions particulières, l’enseignant pratiquait les principes de l’enseignement individualisé et de la pédagogie différenciée sans le savoir. Quant aux matières, elles étaient scindées en enseignements de base (langage / élocution, lecture, écriture, rédaction), en connaissances fondamentales (vocabulaire, grammaire, conjugaison, orthographe, calcul mental, calcul écrit, histoire, géographie, leçons de choses, leçons de morale, récitation) et en enseignements d’éveil (dessin, musique, travaux manuels, sport). Toutes les matières étaient dispensées en langue française dans le cadre d’un rythme scolaire dit « semaine des six jours » du lundi à samedi avec un repos d’une demi-journée le mercredi après midi.
Le maître d’école n’avait pas encore préparé son petit déjeuner qu’une cloche sonna. Il se débarbouilla à la hâte, enfila son costume neuf et sa cravate, mit ses chaussures mocassins bien cirées, prit son cartable préparé depuis la veille et fila en direction du lieu où avait retenti la cloche. Il s’attendait à trouver une école avec une cour clôturée et asphaltée, des salles de classe architecturalement bien disposées, un bloc administratif, des sanitaires, une cantine scolaire mais rien ne fut de tout cela. Excepté un drapeau en lambeaux, décoloré par le soleil, flottant sur le fronton d’un mur lézardé, l’école du ksar n’avait rien de particulier par rapport aux habitations construites en Toub qui l’observaient de très loin. Composée d’un seul local vétuste, l’institution ne disposait pas de cour ni de sanitaires ni d’eau courante. Les vieilles bâtisses délabrées des particuliers n’avaient rien à envier au local officiel. Ce dernier grossièrement construit en terre glaise était à moitié enseveli par les sables et exposait outrageusement sa misère de l’extérieur.
Une vingtaine d’enfants attendaient devant la classe-école. Certains chérubins étaient légèrement vêtus, d’autres couverts de haillons et la majorité était mal chaussée ou pieds nus. Il était très difficile de distinguer les filles des garçons. La précarité avait nivelé les classes sociales, les âges et les sexes. En guise de cartables, ils tenaient, soit à la main soit en bandoulière, des sacs de fortune confectionnés de pièces hétéroclites. Dans cette école sinistrée et devant ces petits gavroches aux yeux écarquillés, le jeune maître, tiré à quatre épingles, eut honte de son accoutrement. Un silence de mort régnait. On entrait en classe comme si on allait à un enterrement. A l’intérieur, la salle de classe était dans un piètre état, un local médiocrement exigu avec une atmosphère viciée et empoussiérée, un plafond menaçant ruine, des murs lézardés, des carreaux brisés, de vieilles tables branlantes dont certaines sans dossier, un vieux bureau sur une estrade aux planches disjointes, un tableau noir rugueux et une armoire édentée et chancelante. Le moins que l’on puisse dire du local en question, ce lieu qui ne se prêtait nullement à la mission qu’on lui avait assigné sur le plan de la sécurité, de l’hygiène, de l’aération, de l’éclairage et de l’esthétique. Le baptême du feu du jeune élève-maître allait se passer dans ces circonstances particulières.
Après quelques minutes de silence, l’instituteur se mit debout sur l’estrade devant ses élèves. Il faisait ses premiers pas dans un métier qu’il n’avait pas choisi par vocation et qu’il allait aimer ou haïr en fonction des événements. Son coeur battait très fort, d’une espèce d’excitation qui ne lui était pas coutumière. Prenant son courage à deux mains et en mettant autant de charme et de douceur dans sa voix, il se présenta oralement mais aucune réaction ne se lisait sur les visages de ses auditeurs excepté quelques petits sourires lorsqu’ils entendaient le mot « Abdel… ». L’appel à haute voix des élèves brisa par enchantement la glace. Certains élèves riaient même en entendant leurs nom et prénom prononcés en langue française. Sur ce, on se livrait à un jeu de prise de parole dans lequel chacun des présents était invité à imiter le maître pour dire son nom et prénom convenablement en langue étrangère. Cette activité ludique et instructive avait non seulement détendu l’atmosphère mais aussi établi peu à peu le contact. Le rire et le fou-rire naturels, libres, spontanés et contagieux des enfants franchissaient les murs du local exigu et décloisonnaient les frontières tant physiques que psychologiques. Et chacun des partenaires oubliait qui la précarité ou l’opulence de sa famille, qui son orphelinat ou le divorce de ses parents, qui la laideur ou la beauté des traits de son visage, qui son mal de dents et qui son ventre creux.
Pendant la récréation, les élèves sortaient en plein air, certains se roulaient sur le sable fin et doré et d’autres se mettaient à la queue leu leu devant une fausse septique, entourée d’une murette, aménagée en guise de sanitaires. Les plus pressés d’entre-eux couraient se réfugier derrière les dunes de sable mitoyennes.
La deuxième vacation de la matinée fut consacrée au nettoyage, à l’organisation matérielle, à la décoration de la salle de classe et à la distribution des fournitures scolaires et des livres. Le maître se libéra de sa veste et mit lui aussi la main à la pâte. Tout le monde s’y mettait avec dynamisme et gaieté de coeur. La disposition spatiale des tables scolaires s’était effectuée en fonction des cours pour que les élèves puissent travailler librement et séparément sans se gêner mutuellement. Au fond de la salle, deux ateliers furent
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aménagés avec des tables en surnombre : un coin bibliothèque de la classe qui serait garni de petits livres illustrés de la littérature enfantine que le maître avait apportés dans ses bagages et un coin musée pour recevoir les créations, les recherches et les travaux manuels des enfants tels que les dessins, la poterie, la vannerie, le tissage et les diverses collections d’insectes, de petits cailloux, de petites plantes, etc.
Pour la décoration de la salle de classe, des bagages de l’enseignant, sortaient de grands tableaux de peinture représentant des animaux, des insectes, des papillons, des plantes, des fleurs, de belles plages et des horizons lointains et inimaginables qui avaient laissé les enfants ébahis. Les petits commentaires du maître qui accompagnaient la présentation de chaque tableau furent repris oralement par les élèves, certes, maladroitement mais avec intérêt et plaisir. Et c’était à qui répétait mieux. De temps en temps, quelques mots en langue maternelle s’envolèrent en air mais l’instituteur faisait semblant de ne rien entendre en veillant avec tact et bienveillance à l’application de la méthode directe qui prônait l’enseignement de la langue cible sans recourir à la langue de départ des élèves. Les débuts furent difficiles, certes, et pour les élèves et pour leur maître mais petit à petit un accord tacite s’était établi. Le recours aux différentes techniques explicatives (présentation d’objets, images, dessins, gestes, mimique, création de situations de communication, etc.) avait grandement contribué dans l’établissement de la communication. Les enfants, éprouvant le désir de bien faire et une satisfaction intérieure, faisaient des efforts incommensurables pour baragouiner le français. De petites récompenses symboliques furent promises aux plus méritants.
Les murs lézardés de la salle de classe qui étaient nus et austères tels que ceux d’un hospice du Moyen-âge devinrent gais et attrayants. Quelques espaces muraux ainsi que le mur en face des élèves au-dessus du vieux tableau noir à la peau ratatinée furent réservés à d’autres fins pédagogiques que l’affichage des tableaux notionnels (vocabulaire, grammaire, conjugaison, orthographe, calcul, etc.) viendrait meubler au fur et à mesure de la progression des apprentissages et que l’enseignant renouvellerait périodiquement. La création d’un environnement immédiat motivant et stimulant ou « bain linguistique écrit » en classe s’avérait indispensable. L’affichage en question – qui sortait du cadre de la décoration de la salle – constituait un dispositif pédagogique et un support indéniable non seulement pour la mémoire visuelle des élèves, leur réflexion et leur créativité mais aussi pour provoquer chez eux le besoin d’apprendre la langue étrangère.
La distribution des fournitures et des livres scolaires en fonction des niveaux des élèves était accueillie avec enthousiasme. Ce fut une fête indescriptible. Les petits visages innocents noircis et amaigris par tant de privations rayonnaient d’une joie débordante. Les différents cahiers, en fonction du nombre de leurs pages, recevaient leur couverture uniforme, leur buvard, les nom et prénom de leur destinataire, leur cours correspondant et leur usage (cahier de classe, cahier des compositions, cahier de leçons de …, cahier de rédaction, cahier de récitation, etc.). Ces indications étaient soigneusement transcrites à la plume et à l’encre bleue de Chine par les petits écoliers ou à défaut par le maître, pour certains. Au cours de cette tâche captivante, les élèves nommaient les fournitures et répétaient à haute voix les différentes actions qu’ils entreprenaient. Des manuels scolaires neufs furent remis aux élèves. C’étaient des livres élaborés par l’Institut Pédagogique National d’Alger sous l’égide du Ministère de l’Education. L’IPN se chargeait non seulement de la confection des manuels scolaires mais aussi de la préparation des outils de travail des enseignants tels que les fiches pré-pédagogiques éditées sous forme de fascicules intitulés « livre du maître » par niveaux et par matières. Les travaux de cette institution avaient pour objectif de pallier les carences manifestes de la formation initiale du corps des enseignants-moniteurs, ces pionniers de l’éducation qui avaient été recrutés dans la précipitation après le départ massif des instituteurs français au lendemain de l’indépendance en 1962.
La conception de l’enseignement, héritée du système colonial était fondée sur un enseignement notionnel et normatif faisant appel à deux facultés : la rétention et la restitution. Cette méthodologie préconisait la démarche qui consistait à aller du simple au complexe selon le principe de René Descartes (Discours de la méthode, 1637) qui préconisait l’étude séparée de chaque partie du tout pour bien comprendre l’ensemble. Chaque notion était atomisée et elle s’ajoutait à la précédente dans une étude pointilliste des connaissances. Les programmes étaient élaborés sous forme de listes de notions par matières et chaque liste possédait sa progression interne indépendamment des autres listes. Ce n’était que vaguement que le jeune instituteur entendait parler d’un projet de réforme du système éducatif algérien sous le titre d’ « Ecole fondamentale ». Certains avançaient même que cette nouvelle conception de l’enseignement verrait le jour vers la fin des années 1970.
Dans son école sinistrée, l’élève-maître se trouvait avec les méthodes activités et leur arsenal de procédés et de techniques. L’interactivité maître-élèves et élèves-élèves s’installait progressivement. Au fil des séances, le maître d’école voyait se concrétiser les théories psychologiques et les doctrines pédagogiques que lui avaient enseignées ses professeurs, des coopérants français, à l’Ecole Normale des Instituteurs. Il ne se sentait plus seul dans ce bled désolé. Montaigne, Rousseau, Pestalozzi, Montessori, Decroly, Piaget et Freinet l’accompagnaient et lui montraient le chemin à suivre avec ses élèves dans cette école prise entre les griffes d’un océan de dunes de sable.
Dehors, un vieil homme, venant de nulle part, portant une gandoura et un turban blancs faisait tinter la cloche. Sur ordre de leur maître, les élèves rangeaient leurs affaires et quittaient la classe avec peine. On dirait que les petits mômes n’avaient plus envie de rentrer chez eux. Mais notre jeune instituteur avait une autre tâche à effectuer, c’était la préparation de son déjeuner.